Un consommateur sur trois déjà touché
La défiance est généralisée : 86 % des appels provenant d'un numéro inconnu sont ignorés. Plus grave, 38 % des abonnés mobiles déclarent envisager de changer d'opérateur si leur fournisseur ne propose pas de protection contre ces arnaques par IA.
Call Qualification : la réponse d'Ericsson
Face à ces chiffres, Ericsson intègre directement dans ses réseaux IMS une solution baptisée *Call Qualification*, développée en partenariat avec Hiya. Le dispositif analyse les appels en temps réel, détecte le spam, étiquette les appels suspects et peut les bloquer avant même que le téléphone sonne.
Selon le blog officiel d'Ericsson, des agents IA embarqués dans le réseau génèrent également des transcriptions et des résumés d'appels, et peuvent "défier" en temps réel un interlocuteur suspect. L'équipementier suédois positionne cette couche de confiance comme un service monétisable pour les opérateurs, pas simplement comme une fonction de sécurité.
Ericsson Ventures a aussi investi dans Cartesia, spécialisée dans les appels IA à faible latence, afin de combiner fluidité vocale et détection de fraude dans un seul environnement cloud.
Une menace industrielle en pleine accélération
Les deepfakes vocaux se créent aujourd'hui à partir de 20 à 30 secondes d'enregistrement audio. Le vishing, ou phishing vocal, a bondi de 1 600 % au premier trimestre 2025, selon les données relayées par Brightside AI. Les humains ne détectent ces faux appels que dans 24,5 % des cas, ce qui rend toute défense reposant uniquement sur la vigilance des utilisateurs inefficace.
En positionnant la protection directement dans la couche réseau IMS, Ericsson contourne cette limite humaine. Pour les opérateurs, l'enjeu est commercial autant que technique : restaurer la confiance dans l'appel vocal reste la condition pour que la téléphonie cloud garde une valeur face aux messageries instantanées chiffrées.
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